Un Homme est vide s’il ne croit pas en ses convictions

Dans la jungle hybridée des religions, des croyances, des idées imposées, des vérités historiques, l’Homme a la choix soit de s’y conformer soit de forger sa propre personnalité via des convictions qu’il aura lui même élaboré. Il est évidemment plus facile de se laisser porter par des courants de pensées en espérant trouver un semblant de correspondance avec nos pensées intimes. Cependant, quelle valeur peut on trouver à un conformisme approximatif ? Peut on passer sa vie à accepter une conception générale imposée par un autre tout en acceptant tacitement de fermer les yeux sur les multiples concessions que l’on fait en la suivant ?

La croyance dans la philosophie

Conditionnés par des définitions historiques, nous avons vite fait d’amalgamer le mot « croyance » à un concept religieux d’aveuglement mystique. C’est évidemment une hérésie. Une croyance, c’est tous ces jalons dans nos têtes sur lesquels on peut s’appuyer et qui nous permettent d’avoir confiance en nous même.

Si je crois au pouvoir thérapeutique de la contemplation du soleil, je suis bien capable de me soigner rien qu’en le regardant.

Les croyances permettent d’avoir une force personnelle, une base solide nécessaire à l’élaboration de choix dans notre vie.

On peut passer toute sa vie à croire en Dieu mais quand vient l’heure de la mort et que l’on s’aperçoit qu’on est tout seul, mieux vaux croire en sa force personnelle.

La force de ses convictions

Les convictions forment le socle indémontable des croyances. Ce sont ces concepts, forgés patiemment par nos expériences de vie, nos erreurs, nos crises d’existences, nos angoisses, qui resteront envers et contre tout. Car nous avons pu, durant le passé, éprouver leur solidité et voir leur cohérence avec nous même.

Il n’y a pas de concessions possibles à une conviction. Et c’est sans doute cette erreur qui est faite dans le langage quotidien lorsque l’on prétend posséder une conviction et que la moindre brindille faisant obstacle, nous nous en détournons.

Exemple : si ma conviction est de ne jamais déposer de déchets organiques biodégradables dans une poubelle destinée à l’incinération, je ne céderais jamais à la facilité, lorsque je me retrouverais dans un train, chez un voisin, pour l’y déposer prétextant un « cas de force majeur ».

« Les cas de force majeur »

On a vite fait d’invoquer des « cas de forces majeurs » quand on s’aperçoit du caractère changeant de l’être humain. Je n’ai pas pu faire autrement, j’ai été « obligé » par la situation, je n’avais pas le « choix ».

Tous ces choix guidé par une faiblesse subie sont les plus grands défauts des êtres humains. C’est ce genre de crise de conscience, porté à une plus large échelle, qui a pu pousser un homme a appuyer sur le bouton de la bombe atomique. C’est encore lui qui est à la source de guerres, de destructions ou simplement d’indifférences vis à vis de situations critiques où l’on pourrait agir.

A plus petite échelle, il témoigne d’une absence de confiance en soi et d’un laisser aller à une autorité plus influente.

Lutter contre les autorités profitant de nos faiblesses

Il ne s’agit pas ici de déclarer une guerre envers une autorité, ce serait rentrer dans la binarité pouvoir / contre pouvoir. Ce qu’il s’agit de faire est plus subtil. Il s’agit de se créer une liste de croyance et de cibler celles sur lesquelles nous ne pourrions jamais revenir sans toucher à notre être propre (sans faire de compromissions) : ce sont les convictions.

Il est bien plus reposant de pouvoir s’appuyer sur soi même que sur une autorité qui changera d’idée selon la rentabilité du marché.

Exemple de croyances / convictions

Pour conclure, je vous propose une liste de convictions. Il ne s’agit pas pour vous de les recopier inconsciemment mais de comprendre comment la vie d’un homme peut être construite et, ensuite, de créer vous même vos propres lignes directrices.

Je crois en l’instant présent : la vie ne peut être figée dans une continuité heureuse, amoureuse, créatrice, dépressive : c’est une somme d’instants dont il faut profiter comme s’ils étaient les derniers.

Je crois au pouvoir créatif de la musique : quelque soit l’instrument, je suis capable de créer une harmonie, pour moi puis pour les autres.

Je crois au pouvoir destructeur du pétrole : je refuse l’utilisation de la voiture, du bus, de l’aviation pour mes déplacements. Un voyage est une alliance subtile d’efforts, de contemplations et de patience.

Je crois à la capacité de la nature à dégrader mes déchets organiques. A l’image de Compost en Or, je pratique le compostage anarchique et garde l’incinération pour le plastique.

Je crois au danger de l’industrie nucléaire. Je pratique la sobriété énergétique, et mon fournisseur d’énergie électrique est une associations de producteurs en énergie renouvelable. Je milite pour la sortie du nucléaire.